Ses expériences picturales l'on amenée à utiliser différents supports allant de la toile conventionnelle aux troncs d'arbres, en passant par le corps humain. Peindre le volume l'a incitée à investir l'espace. Ses installations extérieures de grandes bandes de couleurs tendues entre les arbres font penser à des coups de pinceaux traversant les airs, et propose au spectateur de s'interroger sur la nature même du végétal, son rôle et sa condition actuelle au regard de notre société.
Sa démarche, en relation avec le volume, l'a conduite à utiliser la forge pour travailler ses plaques de cuivre, l’éloignant ainsi des techniques traditionnelles de la gravure. Du feu à l'enclume, elle inscrit sur le métal empreintes plis et traits, et au sortir de la presse, gaufrages et impressions résultent de cette trajectoire.
Elle affectionne aussi la pratique du monotype qui lui permet, de part sa rapidité d'exécution, de réaliser des séries d'images rythmées, qu'elle réhausse parfois à la gouache.
Actuellement, ses impressions de canettes et boîtes de conserve s’inscrivent dans la suite logique de son esprit de recherche. Elle nous invite à réfléchir, à travers ces déchets sublimés, sur le fonctionnement de nos sociétés de consommation et sur leurs dérives.
Arlette Vaistij nous démontre avec maestria l’art de transformer d’anciens contenants en nouveaux contenus, à travers une technique rigoureuse, et comme résultat plastique des images étonnantes de fraîcheur.
Elle re-distille parcimonieusement ces boîtes en fer blanc pour nous offrir, tel des instantanés, ces images de l’éphémère, qui nous invitent à leurs porter un nouveau regard.
Dans ces nouvelles impressions, elle nous apporte la couleur, prolongement de ses gaufrages oxydés et des gammes de noirs et de blancs, fantaisies chromatiques maîtrisées tout en finesse et avec talent.


Pierre Jaggi