Lors d’un voyage en Egypte, j’ai été frappée par le contraste existant entre la démesure de son passé prestigieux et l’ampleur des ordures et déchets qui recouvrent tout ce qui peut être recouvert. C’est d’abord au Caire et à Luxor, que machinalement j’ai commencé à ramasser ce qui pour moi est devenu un symbole universel du déchet, les canettes de boissons et autres boîtes de conserves. Puis de Paris à Genève, d’Henrichemont à Bourges ou Buenos Aires, tout ces endroits où ma vie se déroule, j’ai continué cette collecte.



Je me sens aujourd’hui blessée des dommages causés à notre environnement par le fonctionnement de nos sociétés contemporaines, et c’est pourquoi j’ai entrepris cette démarche. De l’objet trouvé à l’outil de travail, mon atelier s’est peu à peu transformé en «laboratoire de recyclage ».



Je presse ces canettes déjà aplaties par le temps, j’imprime et j’exprime leurs derniers soupirs et les extrait de ce fait de leur origine anonyme pour leur offrir une nouvelle identité.




Ces estampes nous incitent à réfléchir sur l’ampleur du désastre ambiant, mais elles existent aussi pour nous insuffler un brin de poésie.
Arlette Vaistij